Comment se nourrira-t-on demain? Part 2

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La nourriture du futur.

En 2050 la population mondiale devrait atteindre les 10 milliards d’êtres humains.

Le monde doit rapidement trouver des solutions pour nourrir toute cette population en tenant compte des ressources limitées de la terre. De plus, des contraintes viennent s’ajouter avec le réchauffement climatique. La sur-concentration d’animaux d’élevage crée des risques pathogènes avec la chaleur qui augmente. Les sécheresses et le manque d’eau font défaut aux plantes, ou encore les inondations à répétition font pourrir les récoltes qui servent à nourrir les animaux d’élevage.

Quelles solutions sont prévues ? Quelles pistes avons-nous aujourd’hui ? Nous allons faire un tour d’horizon de ce que le monde propose actuellement et dans les années à venir.

Cet article n’a pas vocation à trouver des réponses, il constitue seulement un questionnement. Nous en avion abordé une partie dans le premier article l’alimentation issue des produits végétaux.  Dans ce second article, nous allons parler de l’alimentation issue des produits à base d’animaux transformés.

 

Les protéines.

Notre corps à besoin d’un apport en protéines régulier. Il faut donc pouvoir répondre à cette demande.

Pour cela, il y a plusieurs solutions. La plus connue en Europe est la protéine animale. Que ce soit par la consommation de viandes, ou de laitages, il est encore facile de s’en procurer en France. Mais l’on connaît aujourd’hui l’impact que peut avoir l’élevage animal. Il faut une quantité abondante d’eau (certains parlent de 15 000L) et de céréales : 7 kg pour produire 1 kg de viande de boeuf.

L’élevage intensif est également l’un des principaux responsables du réchauffement climatique. La production de céréales pour nourrir les animaux, le transport de ces céréales, les fermentations gastriques des animaux, l’abattage, le transport et le stockage de la viande seraient responsables de 51 % des émissions de gaz à effet de serre.

Mais la croissance démographique constante entraîne avec elle l’augmentation de la consommation de viande. L’apport en protéines par la consommation de viande animale telle que nous la connaissons n’est donc pas une bonne solution à long terme.

Comment pourrions-nous pallier l’apport de protéines sans passer par l’élevage d’animaux ?

Certaines régions du globe, comme l’Afrique, l’Asie, et l’Amérique du Sud, pratiquent déjà la consommation d’insectes.

Ceux-ci sont réputés pour leur apport riche en protéines équivalentes, voire parfois supérieures à la viande. Mais l’intérêt est surtout que l’insecte est beaucoup moins coûteux en énergie à produire. Pour 1 g de viande, il faudrait 8 g de nourriture alors que pour la même quantité d’insectes, l’apport en nourriture ne serait que de 2 g.

Les insectes sont donc une alternative intéressante.

Mais il y a de nombreux obstacles avant que ceux-ci arrivent dans l’assiette. D’un point de vue culturel, les Français ne sont pas vraiment habitués à manger du grillon. L’idée même d’une sauterelle dans la bouche a tendance en repousser plus d’un. Mais l’idée fait son chemin, et certains commencent à tenter l’expérience, à l’étranger, ou même chez eux en passant par des sites comme insectes comestibles.

L’autre barrière, qui n’est pas des moindres, est la réglementation européenne de 1997.

Cette réglementation s’appelle « novel food » et elle oblige tout état commercialisant un aliment, qui ne l’était pas avant 1997, à demander une évaluation à l’Autorité européenne de sécurité des aliments avant d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM), délivrée par la Commission européenne.

Cependant ,des pays comme la Belgique ont déjà autorisé la commercialisation de 10 insectes.

Et l’huile d’insectes, elle, est autorisée dans l’alimentation des poissons et peut-être bientôt des poulets. L’idée n’est pas si bête puisque ces animaux, à l’état sauvage, mangent déjà des insectes.

Les insectes semblent donc une alternative intéressante, mais il leur reste de nombreuses étapes à franchir avant d’arriver jusque dans nos assiettes.

Une autre alternative envisagée pour l’apport de protéines se trouve dans la mer.

L’algue est une espèce d’une grande diversité et certaines variétés, comme la spiruline, ont une forte concentration en protéines. Celle-ci est très variable en fonction des familles et des espèces. Elle peut varier de 8 % à 35 % de protéines dans la matière sèche des algues. Ce qui reste très intéressant quand on sait que le soja est l’une des plantes principales cultivées pour ses protéines – dédiées en grande partie à l’alimentation d’animaux d’élevage – contient 25 % de protéines dans sa matière sèche.

Mais il y a un problème concernant les algues et leur digestibilité.

En effet, les algues contiennent des fibres et des polyphénols (famille de molécules organiques largement présente dans le règne végétal) qui empêchent une bonne assimilation de leurs protéines. Ceci oblige un traitement avant consommation pour pouvoir réellement en apprécier l’apport en protéines.

Mais, comme précisé ci-dessus, on trouve déjà des algues présentes dans la nourriture des poissons et aussi chez les humains dans des jus de fruits, ou sous forme de complément.

L’algue a donc elle aussi des propriétés intéressantes, mais les près-traitements qui la concernent pour pouvoir en apprécier les bienfaits la rendent moins accessible.

Une autre alternative est en train d’être approfondie par des start-ups comme Memphis Meats.

Leur but est de créer de la viande artificielle in vitro.

C’est Mark Post qui créa l’événement le 5 août 2013 en présentant le premier steak artificiel créé à partir de cellules de muscles de bœuf.

L’idée peut paraître farfelue, mais elle reste intéressante.

Car avec un léger prélèvement de tissu musculaire sur l’animal, les chercheurs sont capables d’isoler une cellule et de la faire se multiplier. Ils transforment par la suite, les cellules obtenues, en un tissu musculaire qui lui-même peut-être multiplié. Nous parlons d’éléments qui constituent une très petite échelle, mais tous ces tissus musculaires mis ensemble finissent par former un steak, qui ressemble à un steak haché.

Les avantages ne sont clairement pas négligeables.

La création de viande artificielle pourrait permettre d’apporter à la population mondiale un apport régulier en protéines animales tout en éradiquant l’abattage et l’élevage intensif d’animaux. Ces derniers pourraient paître paisiblement dans un champ toute leur vie et nous ne prélèverions seulement qu’un petit bout de muscles qui permettrait de fabriquer des centaines de steaks.

Mais la viande artificielle a trois obstacles majeurs à franchir si elle veut atterrir dans nos assiettes.

Le premier est le coût. En effet, le steak créé par Mark Post avait coûté la modique somme de 250 000 $. Certes, cette étape peut être franchie avec du travail. Les chercheurs ont pour objectif de baisser le coût de production pour le rendre accessible.

Le deuxième obstacle est le goût. La viande artificielle n’étant pas encore sur le marché nous ne pouvons pas connaître sa valeur gustative, mais si celle-ci ne se rapproche pas de la viande naturelle, elle risque d’avoir du mal à trouver sa place.

Le dernier obstacle est la barrière culturelle.  Une fois de plus, la France est très attachée culturellement à la culture et consommation de la viande naturelle.

Mais quand on connaît les conditions d’élevage, la nourriture donnée aux animaux composés elle-même de farines animales et les antibiotiques qui leur sont donnés en masse à titre préventif, la viande que nous connaissons est-elle encore si naturelle?

La viande artificielle présente donc elle aussi une alternative intéressante si elle arrive à franchir les obstacles qui freinent sont développement. Mais les grandes entreprises de fast-food qui s’intéressent à cette technologie font craindre une autre dérive. La viande artificielle pourrait voir ses propriétés nutritives directement modifiée pendant son développement, à des fins gustative ou addictive.

Mais la façon la plus accessible pour apporter des protéines à la population ne se trouverait-elle pas dans les plantes ?

Il existe un fort débat autour de cette question. Les plantes peuvent-elles suffire à elles seules à apporter la quantité nécessaire en protéines, acides aminés et en vitamines pour un être humain ?

Les avis divergent, mais de nombreuse sources tendent à montrer que l’être humain peut tout à fait ce contenter de manger très peut de viande, voire pas du tout.

Les légumineuse et féculents apportent-ils autant de protéines, d’acides aminés et de vitamines que la viande ?

Si on regarde les tables de composition des aliments, sous forme de données brutes, on constate que les neuf acides aminés nécessaires à l’organisme humain sont présents. En proportion différentes, Histidine, Isoleucine, Leucine, Lysine, soufrée, aromatique, Thréonine, Tryptophane et Valine sont présents dans les lentilles, les haricots rouges, le soja et bien d’autres légumineuses.

Mais y a-t-il assez de fer dans les légumes?

Le fer est essentiel pour l’être humain, puisque c’est lui qui transporte l’oxygène dans le sang et qui permet la fabrication de globule rouge.

On peut trouver du fer dans la viande, mais aussi dans les légumes.

Cependant le fer présent dans les légumes n’est pas le même que le fer présent dans la viande. En effet, il y a deux types de fers : le fer animal dit fer héminique, et le fer végétal dit non-héminique.

Et c’est important puisque le corps humain ne les assimile pas de la même façon.

Le corps humain ne peut pas régler l’excrétion de fer, c’est-à-dire qu’il ne peut pas faire sortir de son organisme du fer, s’il en a trop. Et le problème est que le fer héminique (animal) est absorbé quoiqu’il arrive, à 25 % environ. En revanche, avec le fer non-héminique (végétal), le corps peut choisir de ne pas l’absorber s’il en a déjà suffisamment.

Bien sûr, cela peut varier en fonction des aliments consommés durant le repas. Par exemple, la vitamine C peut augmenter l’absorption de ce fer, mais en revanche un excès de calcium, de tanins et de protéines de l’œuf réduit cette absorption.

Certains rapports épidémiologiques montrent qu’un excès de fer pourrait accroitre les risques de contracter un diabète de type 2 ou des cancers. Mais ces études restent à confirmer.

Il semble donc possible d’utiliser un maximum les végétaux pour nourrir la population mondiale.

Et c’est une bonne nouvelle, car les végétaux sont beaucoup plus faciles à produire et ils nécessitent beaucoup moins de ressources que la production de nourriture animale.

Nous avons donc un large choix de possibilités pour réussir à nourrir toutes les populations présentes et à venir.

Certaines solutions existent déjà et d’autres sont à portée de main. En fonction de ce que nous choisirons, nous n’aurons pas le même impact sur notre santé et sur l’écosystème. Il nous appartient donc de faire les bons choix si nous voulons que toutes les populations de demain puissent se nourrir sans que nous épuisions notre planète.

 

 

source:

cherrypepper.fr/le-mythe-des-proteines-vegetales

sciencesetavenir.fr/un-steak-artificiel-dans-nos-assiettes

youtube.com/futur-food

franceinter.fr/steak-artificiel

placegrenet.fr/jus-de-fruits-bio-a-base-dalgues

lanutrition.fr/les-algues-sont-une-source-de-proteines-interessantes

lemonde.fr/la-belgique-autorise-la-consommation-de-dix-insectes

huffingtonpost.fr/manger-insectes-france

blogs.mediapart.fr/l-elevage-emet-plus-de-gaz-effet-de-serre-que-les-transports

opinion-internationale.com/le-cout-environnemental-de-la-production-de-viande

dailymotion.com/nutrition-et-santé-mythes-et-propagande

www.passeportsante.net/le-fer

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