Comment se nourrira-t-on demain? Part 1

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La nourriture du futur.

En 2050 la population mondiale devrait atteindre les 10 milliards d’êtres humains.

Le monde doit rapidement trouver des solutions pour nourrir toute cette population en tenant compte des ressources limitées de la terre. De plus, des contraintes viennent s’ajouter avec le réchauffement climatique. Par exemple, les tempêtes à répétition qui fauchent les champs et détruisent les infrastructures, les sécheresses et le manque d’eau qui fait défaut aux plantes, ou bien les inondations qui font pourrir les récoltes sont des contraintes de plus en plus présentes dont il faut tenir compte.

Quelles solutions sont prévues ? Quelle piste avons-nous aujourd’hui ? Nous allons faire un tour d’horizon des solutions que les Hommes proposent, actuellement et dans les années à venir.

Cet article n’a pas vocation à trouver des réponses. Il constitue seulement un questionnement. Nous verrons dans un premier temps l’alimentation issue des produits végétaux et dans un second article, l’alimentation issue des produits animaliers.

 

Les graines

On sait que les graines sont la base de notre alimentation. Quel que soit notre régime, nous les consommons directement ou bien nous les donnons à des animaux ou des insectes que nous consommons par la suite. Elles sont donc le principal élément pour nourrir la population.

Comment sont-elles gérées ? Leur utilisation aujourd’hui permettrait-elle de répondre au besoin alimentaire croissant ?

Il fut un temps où chaque cultivateur gardait les meilleures graines de sa récolte pour les semer l’année d’après. Mais, en France, à partir de 1922, les semences commencent à être répertoriées. C’est la création d’un registre de contrôle qui permet le suivi et la protection des graines d’une personne qui revendique sa trouvaille et son utilisation. Mais à l’époque cela n’empêche pas les autres cultivateurs d’utiliser n’importe quelle autre graine, le but étant seulement de protéger l’acquisition d’une nouvelle espèce.

Puis en 1941 et 1942, le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences) et le CTPS (Comité Technique Permanent de la Sélection) sont créés.

Et là, les choses se compliquent, puisque ces organisations interdisent la commercialisation de certaines graines. C’est-à-dire qu’un cultivateur ne peut plus, en France, cultiver et vendre n’importe quelle graine. Il faut impérativement qu’elles apparaissent sur la liste. Cela permet aujourd’hui à des multinationaux d’avoir la main mise et le monopole d’une partie des graines autorisées et commercialisées.

Le projet de base de 1922 était de protéger les obtentions végétales, mais en seulement une vingtaine d’années, ce principe de base à dérivé et a instauré une interdiction de vente de certaines plantes.

Cela ne crée-t-il pas un problème ? Comment répondre à une demande croissante de nourriture si n’importe quelle espèce de plante ne peut-être cultivée et vendue ?
Ce catalogue a aussi fait disparaître des espèces de nos assiettes. Les industriels veulent des plantes qui poussent vite et qui produisent beaucoup. Pour répondre à ce besoin, des Graines F1 (fille numéro 1) ont été créées et mises sur le marché.

Qu’est-ce qu’une graine F1?

Pour faire une graine, F1 on prend une espèce. On la fait se reproduire avec elle même pour l’appauvrir génétiquement. Ensuite on fait la même opération avec une autre espèce. Puis on prend le résultat de ces deux opérations, soit deux espèces très pauvres en mémoire génétique et on les croise ensemble. La découverte subite d’un code génétique différent crée une super espèce qui retrouve plein de vigueur.

Mais le problème ,c’est que ces espèces non pas pris le temps d’engranger un savoir génétique comme les veilles plantes sélectionnées au cours des siècles.

Alors leurs utilisations nécessite l’utilisation de beaucoup de produits chimiques, tels que les pesticides, qui abîment les sols et les nappes phréatiques. La courte vie de ces plantes les rend également faibles face à des attaques variées. Les graines F1 sont très efficaces pour une seul et unique défense : ce pourquoi elles ont été créées. Elles ont en elles des informations pour lutter contre un seul type d’attaque, et si elles subissent des attaques différentes, elles meurent. Alors que les semences paysannes qui ont engrangé plusieurs décennies d’informations génétiques sur les fléaux peuvent combattre plus d’attaques différentes.

Les Graines F1 produisent plus en termes de poids et on des calibres identiques qui permettent un rangement plus facile pour l’industrie. Mais elles sont plus pauvres en nutriment. Certes, les graines paysannes poussent moins vite, et produisent des fruits et légumes de tailles variées, mais elles sont beaucoup plus riches en nutriment et en vitamines. Et leur résistance naturelle permet d’utiliser moins, voir pas du tout de produit chimique.

Donc si une poignée d’espèce est dominante, ne prenons-nous pas un risque en mettant touts les œufs dans le même panier ? N’est-ce pas plus difficile pour un fléau de détruire pleins d’espèces différentes ?

Alors créer des races de graine puissante et résistante est-il une solution ? Elle produiraient vite en grande quantité et permettraient de nourrir beaucoup de monde. Mais si leur apport en nutriment est faible, et que l’utilisation de produit stérilise nos sols, combien de temps cette solution pourrait-elle marcher ? Ne serait-ce pas aussi le risque de nous retrouver confrontés à la disparition d’une biodiversité écrasée par 5 ou 10 espèces différentes seulement ?

Mais il existe un endroit, la Réserve mondiale de semences du Svalbard (une chambre forte souterraine sur l’île du Spitzberg ) qui stocke et conserve des semences de différents pays et cultures depuis des années. Elle permet la sauvegarde d’une diversité génétique qui tend à disparaître. Ce coffre fort de l’agriculture pourrait-il nous permettre, en cas de crise d’aller piocher dans la bibliothèque des graines pour trouver des espèces oubliées qui nous permettraient de trouver des solutions alimentaires ?

Ceux qui contrôlent les graines ont donc un grand pouvoir sur l’alimentation planétaire.

Une autre question que nous pouvons nous poser est : quelle méthode devons-nous adopter pour faire pousser ces graines ?

Depuis 60 ans, en France, nous pratiquons la monoculture. Après la Seconde Guerre mondiale, l’INRA lance la révolution verte. Le mouvement est massivement suivi et consiste à sélectionner par hybridation des plantes très productives et à ensuite les exploiter de façon intensive.

Mais cette pratique est-elle la meilleure solution pour répondre à la demande croissante en alimentation ?

La monoculture est pratique, car elle permet un ensemencement, un entretien, et une récolte facile. Mais pour ce faire, il est nécessaire d’utiliser de nombreux produits chimiques qui, à long terme, dénaturent les sols et l’utilisations d’engins comme les tracteurs tassent la terre. De plus, les hydrocarbures utilisés pour les machines sont en partie responsables  du réchauffement climatique.

Cette méthode qui permet aujourd’hui la production d’une grande quantité de notre alimentation ne risque-t-elle pas, sur le long terme, de nous poser problème?

La monoculture ne risque-t-elle pas de porter préjudice en ne nous permettant plus d’utiliser la terre comme ressource?

Le peu de flexibilité qu’offre la monoculture ne risque-t-elle pas de se retrouver confronté au changement climatique?

La monoculture nécessite également de grandes surfaces de terres cultivables. Dans de nombreuses situations, cela entraîne une déforestation ou bien une destruction, partielle ou globale, d’un écosystème. Le cas est flagrant avec la culture d’huile de palme en Amérique du Sud qui nécessite la déforestation d’une énorme partie de la forêt amazonienne.

Mais alors quel avantage pourrait avoir la monoculture dans les années à venir ?

Nous avons longtemps cru que cette méthode permettait d’avoir un rendement supérieur. Mais des études récentes prouvent que la polyculture pourrait être bien plus intéressante d’un point de vue du rendement. C’est notamment l’étude PRAISE qui a mis en avant l’intérêt qu’il y a à planter différentes espèces sur un même espace. Miser sur plusieurs variétés différentes permet d’assurer une récolte même en cas de sécheresse !

En conditions normales, la polyculture permettrait un rendement de 2 tonnes supérieures à la monoculture, par hectare. En cas de sécheresse, on parle de 8 tonnes supplémentaires. Ce phénomène s’explique par le fait que les plantes ne vont pas toutes chercher l’eau et les nutriments à la même profondeur dans le sol, et lorsqu’une espèce se retrouvera déshydratée, une autre ne le sera pas forcément. La polyculture permettrait donc de moins fragiliser les espèces et d’assurer une récolte, quelles que soient les conditions climatiques.

La solution pourrait même se trouver dans la permaculture. Cette méthode consiste à utiliser la polyculture de façon raisonnée en créant une entraide naturelle entre les plantes. Cela permet d’avoir des produits variés, d’assurer des récoltes, quelles que soient les conditions climatiques et environnementales. Également, la méthode propose de se passer d’une grande partie des produits chimiques. Certes, la permaculture permet moins l’automatisation et la facilité de production qui est utilisée avec la monoculture.

Mais ne permettrait-elle pas sur le long terme de s’assurer la production de nourriture de façon conséquente et durable?

Le peu d’espace requis pour la permaculture pourrait également permettre la présence de cultures directement au sein des villes. Cela supprimerait du même coup les transports et une partie du stockage.

La monoculture a donc été une solution rapide pour répondre à un besoin alimentaire d’après-guerre. Mais pour les années à venir, cette méthode, ne deviendrait-elle pas un réel problème ?

La polyculture et la permaculture quant à elles, pourraient elles nous permettre un rendement suffisant, et sur le long terme pour nourrir les populations à venir?

Les graines, les plantes, les végétaux sont donc la base, la racine de notre alimentation. Sans elles, et ce, quelque soit notre régime, nous ne pourrions subvenir à nos besoins alimentaires. L’avenir nous permettra de savoir quelles solutions ont été choisies et si elles répondront aux problèmes que pose la demande croissante en nourriture, et ce avec les contraintes à venir.

Sources :

fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_mondiale_de_semences_du_Svalbard

www.agence-nationale-recherche.fr/Projet-ANR-13-ADAP-0015

www.youtube.com/watch?v=56rnPdwLPG8

fr.wikipedia.org/wiki/Monoculture

www.ecosociosystemes.fr/monoculture.html

fr.wikipedia.org/wiki/Polyculture

colloque.inra.fr/polyculture-elevage2017/Presentations

fr.wikipedia.org/wiki/Permaculture

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